03/12/2008

L'histoire de Jean-Marc

A huit ans, Jean-Marc était encore comme nous tous. Il avait des parents comme nous. Puis ses parents se sont séparés. Il a commencé à sortir dans la rue. Son beau-père l’a tapé comme il tapait sa mère.

Jean-Marc a volé pour la première fois chez une personne âgée. Il a eu peur parce que la personne âgée a pris un fusil. Il l’a assommée. La personne âgée est morte, mais ce n’était pas son but. A 17 ans, il a été en IPPJ et il a vu un psychologue pour la première fois. Mais il a été condamné par le juge à la prison pour adultes parce que c’était grave ce qu’il a fait.

Aujourd’hui, Jean-Marc a des difficultés à trouver du travail parce qu’il a un casier judiciaire.

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02/12/2008

Le quartier de Max

Max, c’est mon chien. Je l’aime, j’adore les chiens. Max n’est pas un Kangal mais, ici en Belgique, ma maison est trop petite pour un Kangal. Je le promène le matin et le soir près du train. Je suis content d’avoir déménagé, même si je ne connais personne. Je ne dis pas où j’habite. Sinon les grands de la rue Vifquin vont venir. Avant j’habitais là. J’étais toujours dehors jusqu’à 1 heure du soir. Je faisais des bêtises. Il y avait toujours des bagarres. Les autres me demandaient toujours de me bagarrer. Ils insultaient ma mère ou ma grand-mère. A huit ans, j’étais déjà dans la rue jusqu’à 9 heures. Les autres me donnaient des pêches. Mon corps me disait : « Ne pleure pas, tu dois te bagarrer ».

 

J’étais avec une bande de 10 copains. Un jour, ils ont voulu racketter un autre. Mon coeur partait vite. J’avais peur. Je n’avais pas envie que quelqu’un soit pointé. Avant ça, la bande avait  vu des grands avec une cagoule et des couteaux papillon. Ils étaient deux, ils ont attaqué un monsieur dans le parc pour avoir son GSM. Le couteau papillon, c’est comme des ciseaux. Les deux types connaissaient la technique pour pointer. Le monsieur avait un spray. Ils se sont enfuis.

 

Quand les autres ont voulu aussi racketter,  j’ai arrêté de faire des bêtises. Je ne cherche plus du métal pour le vendre. Je n’aime plus jouer dans la rue. Je vais à la piscine ou je cours pour me défouler. Je voudrais être mécanicien et avoir une grande maison.

Tranquille.

 

 

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La vie de Jean-Marc

A huit ans, Jean-Marc ne connaissait pas encore la violence jusqu’au jour au ses parents se séparent, il veut tout de suite faire comprendre à son beau père qu’il ne l’aime pas. Celui-ci a commencé a le frapper parce qu’il défendait sa mère. Il a commencé a rester dans la rue et faire des choses de mal avec la bande Négative comme quand il a cambriolé une personne âgée et il a eu tellement peur petit vieux a sorti son fusil, donc, il a pris le fusil du monsieur et l’a assommé et quelque jour après le monsieur était mort. Il va voir le juge de la jeunesse qui l’a placé en IPPJ. Là, ils lui ont dis d’aller voir la justice des adultes car c’était vraiment grave. Là il a dû aller dans la prison des adultes, il est le plus petit (à 18 ans) de la prison et il en apprend beaucoup. Après plusieurs années il fuit la prison avec 2 personnes. Il est rechercher par la police et 14 heures après ils se retrouvent dans un café au Luxembourg et là, deux gendarmes rentrent…. De peur il désarme le gendarme et prend le fusil, sans le faire exprès, il tire sur un gendarme sans le savoir. Il retourne en prison, il apprend le code de l’amour (un code avec une chaussette où l’on écrit les lettres). Ensuite il commence à écrire toutes ses peines. Quand il sort enfin, il recherche du travail. Mais une des seules personnes qui lui ont manqué, c’est son beau-père car il venait toujours le voir en prison et maintenant, il est décédé.

 

 

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20/11/2008

Violences de Casa à Josaphat

Je suis arrivé en Belgique à 9 ans. Avant, j’habitais à Casa. Il y avait des bagarres de quartiers contre d’autres quartiers. Certains étaient des terroristes. Ils ont mis des bombes à Casa. Tout le monde avait peur parce qu’il y avait de la violence partout. Je ne pensais pas en arrivant en Belgique qu’il y aurait des vols et des bagarres ici. Mais il y en a. Les skins, ceux qui n’aiment pas les étrangers. J’ai reçu un sms, comme tous les Marocains pour aller à Anderlecht, parce que des skins avaient attaquée une fille marocaine en lui mettant une carte de banque dans la bouche pour lui faire un sourire de l’ange.

Je n’y suis pas allé parce que je n’aime pas la violence. Il faut l’arrêter. J’aimerais parfois rester dans ma chambre et ne plus sortir. Dans la maison où j’habite, il y a 6 familles. La maison est calme. Je regarde la télé, je vais sur l’ordinateur, je regarde les trucs de foot. Ma mère ne veut pas que je sorte tout le temps. Dès que je sors, je reste dehors trop tard. Ma mère a peur que quelqu’un me vole. Mon père habite au Maroc. Je me sens pas bien quand il y a des bagarres, mais quand on me cherche en me traitant de f…de p… je tape. Au dernier match de foot contre Stockel, un garçon m’a cherché. Il m’a insulté, puis il m’a tapé sur la tête avec les crampons. Bientôt ce sera le match retour, à Schaerbeek. Je ne suis pas sûr que je ne lui ferai rien.

Cela fait mal la violence. Je n’aime pas. Un jour, je suis parti à Bockstael avec un copain et deux Noirs ont tapé sur un Belge. Il y avait du sang partout. Une femme a appelé la police. Je n’ai plus pu dormir. Je faisais tout le temps des cauchemars J’ai envie de rester seul et de dormir aussi longtemps que je veux.

A l’école, un gros monsieur, un papa, menace des élèves. Il est malade et  se fâche sur ceux qui se moquent de lui. Souvent je le défends, parce que je n’aime pas qu’on se moque des handicapés. Ce n’est pas bien parce que tout le monde peut devenir handicapé. Il suffit d’un accident. J’ai envie de défendre les gens qui ne savent pas se défendre. Au Maroc, j’ai appris la boxe. Mais je n’aime pas la violence. Il faudrait que tous les enfants fassent des panneaux pour arrêter la violence. Que tous fassent une manifestation pour dire qu’on est contre les bagarres.

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14/11/2008

Parler, c'est mieux que se bagarrer

J'ai 11 ans, j'habite un quartier de m... mais je l'aime bien. Quand le 92 passe, toute la maison vibre. Ma chambre est au dessus d’un snack, la musique gueule jusqu’à deux heures du matin. Parfois les gens se bagarrent dans la rue le soir. Souvent des jeunes pour des joints. Le café devant lequel nous venons de passer vend de la drogue. Voici la gare de Schaerbeek, c’est là qu’un homme s’est fait tuer à coups de barre de fer. C’était il y a longtemps, mais les gens en parlent encore. Ma mère est inquiète quand je sors. Dès que je peux, je me promène.

Là dans la voiture, ce sont des policiers ? Non, ce sont des bonhommes mauves. Je vais jouer au parc des pigeons pour libérer les choses que j’ai dans le cœur. Mais quand il fait noir, il faut rentrer parce que les jeunes menacent les gens avec des poignards pour prendre leur argent ou leur GSM. Un jour, j’étais en haut de la toile d’araignée et des enfants jouaient en dessous et j’ai vu un jeune avec un flingue. Il était assis sur le banc où nous sommes et j’ai vu qu’il essayait de sortir le flingue de sa poche. Beaucoup de gens qui tuent, qui fument des joints et qui boivent viennent ici. Quand il y a un match de foot et que les Turcs ou les Marocains ont  perdu, ils viennent se défouler sur les jeunes. Une fois, ils ont insulté un Noir en disant qu’il ne savait pas parler. Je trouve que ce n’est pas bien d’être raciste, on est tous des gens. Ils étaient fâchés parce qu’ils avaient perdu et le Noir a tout pris.

Je n’aime pas la violence. J’aimerais que les gens arrêtent de se bagarrer. Parler c’est mieux.

Dans mon immeuble, deux personnes sont en prison. Mon oncle tue des gens avec un flingue et un couteau. J’ai peur parce j’ai cru qu’il allait me tuer aussi. Il peut sortir de prison le week-end et il a un truc à sa jambe pour le surveiller.

Mon frère se bagarre avec ses profs. L’autre jour, il est rentré avec une coupure au cou, le prof l’avait griffé. Ce n’est pas gentil de se bagarrer avec les profs Quand cela se passe mal à l’école, il me casse la tête et me traite de sale pute. Ou quand sa meuf l’a plaqué. Il a aussi assommé mon père. Alors j’ai besoin de sortir.

Ici, c’est la Cage aux ours. J’aime y venir. C’est beau, les bancs sont chouettes et on voit la maison communale. Quand j’avais 9 ans, j’ai vu une bagarre avec des flingues. Un type s’est suicidé aussi. Ils se sont insultés et le garçon n’a pas pu garder sa violence. Il a sorti un flingue et a tiré. Quand les flics sont arrivés, ils ont cavalé. Ils en ont arrêté un. L’autre s’est enfui en moto. J’ai un livre secret et j’écris ce que je ressens dedans. Quand je me sens en colère parce que je n’aime pas qu’on tape. Cela me fait pleurer quand les autres ont mal. Je sens ça depuis que parrain s’est fait taper à la caravane.

 J’avais 5 ans. Une femme s’est incrustée, elle a bousculé parrain qui est tombé. Il est mort à l’hôpital en tenant mon doigt comme cela, je n’arrivais plus à le sortir. La femme a fait ça pour voler son argent et les clés de son mobil home. On ne l’a jamais retrouvée mais je garde son image dans ma tête. Le fils de mon parrain a volé tout mon argent de mon compte d’épargne.

J’écris dans mon livre secret quand je suis en colère ou je vais jouer dehors ou je vais danser de la danse country avec mon grand-père.

Et parfois je me dis que j’aimerais bien redevenir petite pour ne plus voir tous les problèmes. 

17:58 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

11/11/2008

Quartier Helmet

Il y a quelques nuits, j'ai vu des voyous et je n’en ai pas dormi. Il y avait trois hommes dans la rue. L'un d'entre eux était armé et a dit à un garçon d'entrer dans le coffre de sa voiture. Le garçon lui devait de l'argent et il allait le tuer. Le troisième, 62 ans, a voulu protéger le garçon en disant :

« Si tu le tues, c'est comme si tu me tuais moi. »

L'homme armé a répondu :

 «Alors ton sang est pourri ! »

Mais finalement, l'homme armé est parti parce qu'il a eu peur du vieux monsieur. Cela s'est passé dans ma rue. Je trouve que c'est trop violent de vouloir tuer quelqu'un pour de l'argent.

Ce n'était pas de la télé, c'était pour du vrai, mais le film repasse dans ma tête.  

17:55 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : violence journalisme |  Facebook |

Ma rue à 1050

Je vis ici depuis 2 ans, dans une rue où il y a plein de maisons de toutes les couleurs. Les voitures passent vite et le jour des poubelles, il y a beaucoup de crasses. Au bout de ma rue se trouve la place des Marocains avec des arbres et des bancs. Une femme écrase du pain avec un marteau pour les pigeons. Deux vieilles dames regardent une petite fille jouer. Un groupe d'hommes boit des bières. Ils sont habillés comme pour le travail et on dirait qu'ils font une pause.

« Ce sont des Polonais, dit Abdel, 9 ans. Il n'y a qu'eux qui boivent sur la place des Marocains. »

Je n'aime pas les gens qui boivent car quand on boit, on finit par frapper les gens. Je ne boirai jamais à cause de cela.

J'aime cette place. Quand je suis fatigué, je viens m'y reposer. La statue de Wiertz, elle est belle.

Chez moi, il y a les 1050 et les drogués et ceux qui boivent trop. Un jour, un Pakistanais m'a poursuivi avec un couteau parce qu'il avait trop bu.

Sur la place des Africains, à partir de 20 heures, les drogués se bagarrent à coups de poings. Ils disent que c'est un jeu. Je vois quand quelqu'un est drogué parce qu'il est bizarre avec sa tête et qu'il marche d'une drôle de façon.

Une nuit, il y a eu une bagarre dans la rue et le lendemain quand  je suis allé chez le boulanger, il y avait du sang partout et du verre cassé sur la rue.

Là-bas, un peu plus loin, un drogué m'a dit « Sale bougnoule ! », ma mère allait réagir et j'ai eu peur qu'il ne frappe ma mère. Un peu plus loin dans le piétonnier, une dame un peu folle avec la tête rasée donne des claques aux gens. Juste devant, il y a la statue de Freddy Tsimba, faite avec des douilles de fusil.

Elle veut dire : « Arrêtez de faire des bagarres ».

 

17:52 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1050 violence journalisme |  Facebook |