20/01/2009

Plus moi, ça fait 8.

En rentrant je passe à l’école 2 chercher mon petit frère.

Parfois, il n’est pas là comme aujourd’hui. Je fais aller ma boite aux lettres pour qu’on m’ouvre à la maison. Maman regarde de la télé.

Celle du bas est comme celle de tout le monde. Celle du haut est en arabe.

Quand je suis en colère je vais me promener.

Je suis en colère  quand mon petit frère déchire mes devoirs. Je dois faire mes devoirs après le travail à la maison.

 

Plus moi, ça fait 8 à la maison. Marcher dehors, ça me calme. J’aime regarder les gens dans la rue. Là, cette petite fille, place Liedts, elle est allée faire des courses. Elle peut sortir quand elle veut, elle a la clé. Je pense qu’elle peut regarder la télé quand elle veut et qu’elle a une chambre à elle toute seule.


Je trouve que les gens polluent trop la planète. Trop de voitures, trop de gaspillage d’électricité.
Je n’aime pas les gens qui se fichent de la planète.

Quand je serai grande, je ne veux pas vivre dans une poubelle ! Parfois, la vie elle est moche.

Je vais à l’école je travaille, je mange et je dors à 5 ou 6 heures.

Oh ! Là !  Des oiseaux.

 

16:20 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les auteurs

Audrey nous explique ce qu’est un délit : « Dès qu l’on touche à une personne ou un bien. Le délit est puni par la loi. Un délit, c’est voler, arracher un sac. Il a toujours des conséquences. Quand quelqu’un ne paie pas le tram il a une amende. S’il ne paie pas son amende, elle augmente. On fait venir un huissier qui vient prendre la télé, le téléphone pour les revendre. »

 

Audrey travaille au service laïque d’aide aux justiciables. Elle est assistante sociale et s’occupe des délinquants et de leur famille.

Elle se rend dans les prisons de Forest, Saint -Gilles et Berkendael (la prison pour femmes).

« La prison de Forest est prévue pour 450 prisonniers mais ils sont 700. Il y a des lits par terre. Certains n’ont pas de couverture. Quand ils sont malades, ils doivent parfois attendre un mois avant de voir un médecin.»

Audrey parle avec eux.

Ils sont souvent très tristes et très angoissés.

C’est horrible par exemple de devoir faire caca devant tout le monde dans un seau. Ce seau n’est vidé qu’une fois par jour. Il faut payer pour le papier toilette. Il faut payer pour tout : la télé, les collations, le papier à lettres.

Il arrive que la famille n’ait pas d’argent ou pas envie d’aider le prisonnier. Il peut alors travailler dans la prison. Il est payé 0,67€ de l’heure. La télé coûte 15€ par semaine.

 

Parfois, la justice décide de renvoyer le détenu dans son pays. Cela provoque du stress et beaucoup de problèmes.

« Je travaille avec des jeunes qui sont en prison, ils n’ont plus de choix. La prison ne propose pas toutes les formations. Le carrelage ou le bâtiment, ce n’est pas forcément ce qu’ils aimeraient faire. »

16:09 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les victimes

Dans la cour de récré, « victime ». C’est celui qui a peur, qui n’ose  pas se défendre.

 

Karima, assistante sociale au service laïque d’aide aux justiciables, nous explique : « Une victime, c’est une personne qui a subi quelque chose qu’elle n’a pas choisi de vivre. Un vol, des coups, un viol… Quelque chose de traumatisant, un acte qu’on ne peut pas effacer de sa tête. Karima aide les victimes d’infractions pénales.

Elle nous montre une vidéo d’une dame qui a été victime d’un vol. La dame s’est fait agresser deux fois. La premier fois, quatre voyous l’ont attaqué par derrière et l’ont étranglé pour lui voler son ordinateur portable.

Après ça, la dame ne voulait plus sortir de chez elle. Elle avait peur et pleurait en racontant. Elle disait que c était épouvantable. Elle se demandait pourquoi on l avait  attaquée. Elle était fâchée qu’on ait touché à son corps.

Elle vivait comme dans un bocal, un poisson tout seul et enfermé. Elle croyait qu’elle allait mourir.

Ses agresseurs sont des lâches. C’est la honte, quatre hommes contre une femme !

 

Karima dit : « Les victimes sont parfois en colère. Nous aidons les personnes à sortir de leur rage parce que sinon, d’agressées, elles deviennent agresseurs. »

15:49 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/01/2009

Avis aux envoyés spéciaux du 17

Bonjour! Plein de bonnes choses à vous pour 2009. Elle va commencer fort la rentrée pour vous. Le groupe a souhaité aborder le thème de la violence. Lundi 5, mon ami Coyote viendra vous donner un cours de qwan qi do (une sorte de kung fu vietnamien). Il est ceinture noire et spéciialiste du self defense. Apportez donc vos affaires de sport pour pouvoir bouger à l'aise! A lundi! Bises Hermine

10:54 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/12/2008

Quelle horreur d'être enfermé!

J’avais 6 ans. J’adorais aller à la caravane. Je jouais avec mon copain Loïc. Les grands espaces, je m’y sens bien.

Dans une des caravanes vides sur le terrain, il y avait une armoire. Je me demandais ce que ça faisait d’être enfermé dans une armoire. J’ai essayé de pousser la porte, mais elle ne s’ouvrait pas. Finalement, elle s’est ouverte et je suis entré dans l’armoire. La porte s’est fermée. J’avais l’impression que personne n’allait me trouver. Je cherchais une sortie. J’avais tellement peur que mon cœur était sur tout mon corps. J’ai tapé dans la cloison comme un fou et j’ai pu enfin sortir.

Maintenant je fais attention aux portes.

11:44 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journalisme enfermement |  Facebook |

Rencontre avec Jean-Marc, ancien détenu

Jean-Marc a huit ans et commence déjà à connaître la violence. Ses parents divorcent. Il a un beau-père. Il se sent mal et traîne dans les rues. Il rencontre une bande négative. Il commence à faire des bêtises, de grandes bêtises… Sa dernière grande bêtise est un hold-up… Il cambriole une maison et le vieux monsieur veut prendre son fusil. Jean-Marc a tellement peur qu’il l’assomme. Finalement, après quelques jours, le vieux monsieur meurt.

Il est envoyé en IPPJ.

Il s’y sent mieux mais le juge dit que c’est tellement grave ce qu’il a fait qu’il doit être jugé chez les adultes. Jean-Marc s’évade alors avec deux autres prisonniers. Ils y arrivent mais après 14 heures, les gendarmes les retrouvent. Jean-Marc veut désarmer les gendarmes et il en tue un accidentellement. Il est condamné à 57 ans de prison.

Sa vie en prison est très dure. Jean-Marc vit tout très mal. Et réfléchit beaucoup. C’est presque inexplicable. Il sort en conditionnelle au tiers de sa peine (19 ans). C’est le plus beau jour de sa vie. Il va essayer de trouver du travail et tout recommencer à zéro. Maintenant, il a des difficultés à trouver parce qu’il a un casier.

Croisons les doigts pour lui !

11:35 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison journalisme |  Facebook |

03/12/2008

Vilvorde vue de la fenêtre

Aujourd’hui c’était la journée pédagogique. Comme je ne peux pas sortir, j’ai nettoyé toute la maison pour aider maman qui a mal aux mains. C’était pour lui faire une surprise. Avant, je sortais, j’avais quelques copains, mais depuis que je me suis fait écraser par une madame qui téléphonait en conduisant., je ne peux plus sortir seul Au parc aussi, j’ai eu des problèmes : des garçons plus âgés ont jeté des pierres. Mon grand frère avec son copain a été attaqué. Mon frère n’a pas voulu réagir, mais son copain s’est énervé. Les autres lui ont tapé dessus. Il est dans le coma. Cela me rend triste quand on tape ou on insulte quelqu’un pour rien.

Parfois, cela me met en colère aussi.

 

Je ne peux plus sortir. Sauf avec ma sœur. Pour faire des courses, pour aller au parc. Parfois, je peux aller chercher du pain à la boulangerie tout seul. Cela fait 470 pas, nous avons compté. J’aime aller au parc, pour jouer au foot avec mon frère mais n’est pas toujours là. J’aimerais m’inscrire à un club, mais on n’a pas d’argent.

Au parc, parfois, la famille vient pour fêter un anniversaire. J’aime bien, on est venus sur le circuit de skate. Là-bas, il y a des animaux : des lapins, des cerfs, un âne. Parfois je grimpe au dessus de la clôture pour caresser les lapins. Mais des voyous ont volé des lapins. Au fond du parc, il y a une boule comme l’Atomium. J’aime bien grimper dessus. Ce n’est pas facile. A côté du parc, se trouve une sorte d’hôtel où les jeunes s’occupent des vieux.

Je trouve ça chouette.

 

A Vilvorde, parfois, les gens ne veulent pas parler français. Un jour, un garçon a été arrêté devant chez moi parce que la police croyait qu’il avait volé un scooter. C’était un Marocain. La police a parlé en français avec ma mère mais ne voulait pas le faire avec le Marocain. Il n’avait pas volé le scooter. Le scooter était en panne et c’est pour cela qu’il le poussait.

 

Alors je reste dans la maison. Parfois je vais sur MSN ou je regarde les photos sur Google ou des films sur U-tube, quand mes frères et sœurs ne sont pas sur l’ordinateur.

Je me sens un peu enfermé.

 

15:48 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : journalisme enfants |  Facebook |