02/11/2008

Les 1030 dans mon quartier

Quand je suis dans la rue, je joue avec mes amis. Au foot, je roule à vélo, je passe chez une copine. Mais quand on m’insulte de « sale pute », je me défends.

Les 1030 ont entre 13 et 15 ans, le groupe des plus petits. Les garçons jouent au foot, traînent dans la rue. Souvent. Je les rejoins quand j'ai l'occasion, quand j'arrive à sortir. Un de ceux qui font partie de mon groupe a fracassé une moto et nous devons tous payer parce que la police est venue.

Je suis en colère parce que je n'ai rien à voir et ils m'ont mis dedans. J'ai envie de sortir de la bande car si on fait des bêtises, il faut qu'on assume. Mes parents m'ont dit que j'étais folle de faire cela. Mon cousin n'a pas voulu dénoncer, alors tout est retombé sur nous.

Les 1030, ça va de 1 jusqu'à 100. Ceux qui sont en haut de la pente font des meurtres. Nous, on est tout en bas, au niveau 1, c'est-à-dire abîmer quelque chose. Ensuite, c'est fracasser, se tabasser au parc, voler des sacs. Puis, on parle comme des voyous et on a des objets comme des couteaux ou des fusils, après, il y a les cambriolages, la drogue, les viols et les meurtres. A ce niveau là, les 1140 et les autres viennent chez nous pour faire les gros coups. Ils s'entendent.

Il y a deux ans, un tram a écrasé un enfant à l’avenue Rogier. Les 1030 ont été se venger en fracassant la maison du conducteur. J'ai l'impression que les 1030, on est des millions.

Mais je vois que les plus jeunes ont envie d'aller plus haut et j'aimerais que les plus grands donnent un autre exemple aux plus petits. Les 45e avec leur meurtre avec préméditation.

Il y a des bandes gentilles qui veulent jouer au foot tout simplement.

Quand on joue dans la rue, il est impossible d'éviter les 1030.

 

14:52 Écrit par Les evoy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1030, bandes, journalisme |  Facebook |

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