15/12/2008

J'aime la cage

J’ai 11 ans et j’habite près de la Cage aux Ours. En fait plus près de la commune mais j’aime mieux la cage. J’y vais à vélo parce qu’il y a des descentes. Parfois, il y a des bagarres et je regarde. Ce sont des jeunes qui se jettent des coups de poings et des gens essaient de les séparer. J’aime bien les bagarres. Cela me sort les nerfs. J’ai toujours les nerfs.

 Je vais aussi place Lieds. Quand les Turcs se bagarraient, j’étais là. Dans un coin. Pour voir. Ils ont tapé les policiers. L’un d’entre eux était en état de choc. Je ne suis parti que quand les gens ont sorti des pistolets. Là j’ai eu peur. Mes parents ne savaient pas où j’étais.

Une fois, j’ai fracassé une mobylette avec deux autres. La police nous a embarqué. Mes parents ont menacé de m’envoyer à l’internat. Je ne traîne plus trop dehors. Mais j’aime voir les bandes. Les Kamikazes rodéo viennent parfois. Ils font du weeling. Ils cassent tout. Le truc à paris là, par exemple. Ils l’ont complètement démoli.

La place Pav’, je n’aime pas trop. Une fois, ils ont volé un petit. Ils pourraient me voler aussi. Ils y fument du hasch.

Mais ailleurs, les grands me laissent tranquille. .

19:43 Écrit par Les evoy dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bandes delinquance journalisme |  Facebook |

08/12/2008

Ma Rilatine

Quand j’avais 6 ans, un soir de juillet, je m’en souviens comme si c’était hier, j’ai commencé à manger ma soupe, puis j’ai rigolé en mangeant, mais juste avant, je courais dans l’appartement alors que mon papa m’avait demandé cinq minutes avant de m’arrêter. Puis il tapa sur la table en disant : c’est lui ou c’est moi qui part.

Le lendemain mon papa me dit que la veille au soir je ne m’étais pas bien conduit et que j’allais devoir aller chez le docteur. Celui-ci m’a dit que je devais prendre de la Rilatine. De fil en aiguille j’en suis là à toujours en prendre depuis cinq ans. Mon foie me fait mal et je pense que je vais e essayer d’arrêter d’en prendre. Stop !

23:39 Écrit par Les evoy dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rilatine journalisme |  Facebook |

Cher Jean-Marc

Quand tu es venu dans notre classe j’ai pensé que tu n’avais rien à voir avec un ancien prisonnier. J’ai senti que tu avais plein de choses à nous dire, après nous avoir dit que c’était toi l’ancien prisonnier.

Ce qui m’a frappé dans ton histoire, c’est que tu as été en isolement pendant trois ans. Je trouve que c’est affreux et que je ne voudrais jamais y aller.

Je voudrais te dire que tu reviennes pour que tu ne dise encore plus de choses. Quand j’ia dit à mes parents que j’ai vu un prisonnier qui avait tué deux personnes, je ne te dis pas leur étonnement. Après je leur ai dit que tu ne l’as pas fait exprès de les tuer. Ma maman m’a demandé qui tu avais tué. Je lui ai répondu que tu avais tué une personne et un policier. Voilà j’ai tout dit et je souhaites que tu reviennes rapidement chez nous en classe pour nous expliquer bien plus.

23:37 Écrit par Les evoy dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison journalisme |  Facebook |

Cher Jean-Marc

Quand tu es venu dans notre classe, ce qui m’a interpellé c’est ton histoire d’évasion. C’est exceptionnel et incroyable. C’est un superbe exploit. C’est une des premières personnes que je connais à avoir pu s’évader d’une prison. C’est dommage que tu es entré en isolement pendant 3 ans et de ne plus voir personne. Mais ce qui m’a le plus touché c’est que tu veux être éducateur et avec ta gentillesse, c’est sûr. Je voudrais que tu reviennes dans notre classe. Merci de ta gentillesse !

 

23:25 Écrit par Les evoy dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison journalisme |  Facebook |

Cher Jean-Marc

Quand tu es venu dans ma classe, te t'ai compris directement. J'aurai fait la même chose. J'ai pensé à ton évasion malgré les dégâts. J'ai senti le regret que tu en avais. Ce qui m'a frappé dans ton histoire, c'est que je n'aurai jamais cru à ce que tu avais fait, mais j'étais sûr que tu saurais être un éducteur grâce à ta gentillesse. Je voudrais te dire que tu devrais continuer ton histoire. C'est très intéressant et très touchant.

22:49 Écrit par Les evoy dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison journalisme jeunes |  Facebook |

04/12/2008

Je n'aime pas les voyous de Terdelt

Voilà, c’est chez moi. Mon jardin est très sale : plein de cannettes de bière, de papiers et de cigarettes. Ce sont les gens qui jettent ces saletés quand ils rentrent la nuit. Quand ma mère sera mieux, elle refera peut-être le jardin. Je trouve que c’est méchant de faire cela, même s’il n’y a pas de poubelles. Quand ils ont trop bu, ils vomissent sur le balcon et ça tombe dans notre entrée.

 

La voiture est garée devant. Elle est belle. Elle a coûté cher. Ils ont plusieurs fois cassé la fenêtre et le pare-brise. Pas pour voler. Juste pour casser. Ils ont griffé le capot. Vous voyez, ils ont mis P.D. dessus. Nous n’avons pas l’argent pour la repeindre. Cela me rend triste. Surtout qu’ils cassent toujours notre voiture, pas celle des autres. Pourtant là en face, il y en a une qui est plus belle.

 

Ce qui me rend triste aussi, c’est qu’ils embêtent mon frère. Mon frère a un retard mental . Un jour, ils l’on attaché avec une corde sur un des jeux du parc. Il a treize ans comme moi mais il ne sait pas se défendre. Ma voisine a aussi un fils qui a un problème. Elle garde les volets fermés pour ne pas qu’ils le voient. La bande qui fait ça vient d’Helmet. Ils viennent ici parce que leur chef y habite. Ils ont tagé 1030, là-bas. Ils sont dehors jusqu’à 4 heures du matin. Ils cassent les carreaux. Une fois, ils sont entrés dans les caves et ont tout démoli. Ils ont volé des aspirateurs pour les revendre à Cash Converters. Ils ont aussi cassé mes affaires à moi. Des souvenirs. Des cadres avec des photos de mon père.

Mon père est mort.

 

Je n’aime pas ce quartier. La seule chose qui me plaît, ce sont mes copains. Ils sont de toutes origines, c’est chouette. Je vais parfois voir quand ils font de l’athlétisme au stade. Je ne veux pas demander à ma mère pour y aller parce que cela coûte de l’argent. Alors je roule à vélo et je fais la course contre moi-même pour m’améliorer. Un copain a un chrono.

 

La police passe tous les jours. Ils ont voulu mettre des caméras pour empêcher les voyous de venir. Mais pour faire cela, tout le monde devait être d’accord. Beaucoup de personnes n’ont plus voulu parce qu’elles avaient peur. Ils ont volé et puis brûlé la voiture d’un monsieur qui avait porté plainte. Et puis là, ils ont mis partout ‘Massimo balance’. Même près de la maison de retraite. Les personnes âgées ont peur que les voyous entrent chez elles. Massimo est un jeune qui avait parlé à la police et dénoncé. Je crois qu’ils se sont pardonnés, mais les mots sont toujours là. Massimo a déménagé.   

 

 

 

20:38 Écrit par Les evoy dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : journalisme voyous |  Facebook |

01/12/2008

Trajectoire de vie: Jean-Marc

A huit ans, Jean-Marc était un petit garçon tout à fait normal. Mais à 8 ans arrive son premier problème : ses parents se séparent et Jean-Marc a un beau-père. Comme il croit que le beau-père est à la base du divorce de ses parents, Jean-Marc lui dit la première fois qu’il le voit ne l’aime pas. Alors le beau-père commence à le frapper lui et sa mère. Jean-Marc la défend. Alors il reste de plus en plus longtemps dans la rue. Il y tombe sur une bande Négative. Dans cette bande, Jean-Marc fait des bêtises de plus en plus grosses. Un jour, deux copains de cette bande, l’emmènent pour faire un hold-up. Il assomme un pépé qui meurt une semaine après.

La justice le met en IPPJ. Il y rencontre enfin un psy. Mais, Jean-Marc est jugé dans un tribunal pour adultes. Il se dit que s’il doit faire plus de 15 ans, il s’échappera. Il écope de 18 ans de prison. Il s’évade avec deux autres. Après 14 heures de fuite, ils sont au Luxembourg dans un café. La police entre. Le copain plus âgé lui dit de désarmer le policier. Jean-Marc veut prendre le révolver, le coup part. Il tue le policier. Il est alors condamné à 57 ans de prison. Après 19 ans, il sort en conditionnelle. Aujourd’hui, il cherche du travail.  Nous devrions faire une lettre pour l’aider à trouver.

19:25 Écrit par Les evoy dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : journalisme prison |  Facebook |